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Pourquoi les hommes aiment la sodomie ?

jeudi 2 avril 2015, par La rédaction

Sondage après sondage, les femmes continuent de dire en majorité qu’elles n’aiment pas. Le désir masculin se nourrirait-il, justement, de ces réticences ? Nous avons interrogé des hommes.





Pourquoi aimez-vous sodomiser vos compagnes ? La question n’est ni évidente à poser, ni simple à entendre. Pourtant, des hommes ont accepté de jouer le jeu, et leurs réponses sont assez surprenantes. Au lieu d’évoquer des sensations ou des fantasmes débridés, ils saluent, avec une belle unanimité, le « don total » de la femme en cette circonstance.

Certains parlent même d’absolu : une femme qui parvient à surmonter sa douleur, son appréhension et, bien souvent, ses préjugés donne le sentiment de se livrer tout entière. Et cet abandon, cette confiance semblent donner tout son prix à cette pratique.

Selon une récente enquête(1), les femmes sont nombreuses à avouer leur réticence pour la sodomie : parmi les 8,7 % qui reconnaissent la pratiquer (60,1 % ne la pratiquent pas et 31,2 % ne se prononcent pas !), 52,9 % affirment « ne pas apprécier ». Pour les hommes qui ont témoigné, la résistance féminine semble être la clé de leur désir. Sans doute pour avoir le plaisir de la vaincre. « Peut-être, mais pas seulement, tempère la psychanalyste Sophie Cadalen(2). Les femmes aussi veulent arracher de l’autre une jouissance qu’il ne connaîtra qu’avec elle. La sexualité est toujours une petite bataille. Les jeux du désir et de la sexualité sont des jeux de pouvoir. Il y a toujours l’idée d’aller là où je ne suis pas invité à aller. On veut sonder la partie de l’autre qu’il ne nous ouvre pas et que, bien souvent, il ne nous autorise pas à pénétrer. C’est cette profondeur de l’autre qui nous attire. » Tant il est vrai que, ici comme ailleurs, le désir se nourrit toujours de ce qui lui échappe.

Pour vous, la sodomie, c’est...

Marc, 32 ans, ingénieur, célibataire, « … un cadeau de la femme »
« J’ai eu ce fantasme pendant très longtemps, mais depuis que je l’ai réalisé, j’y pense moins. L’aspect technique m’a un peu rebuté. Il faut une préparation. C’est un peu pénible pour la femme. Son acceptation n’est d’ailleurs pas évidente à obtenir. Le fait qu’elle accepte est sans doute plus excitant que la chose elle-même. C’est un cadeau qu’elle fait, la preuve qu’elle a vraiment envie de se donner. C’est plutôt gratifiant. Mais au niveau de la sensation elle-même, je ne trouve pas que ce soit mieux, ça glisse moins bien, du coup il faut utiliser un lubrifiant. En plus, il faut bander assez dur pour que ça marche… Tout cela fait que cela m’excite moyennement, ce n’est pas quelque chose après lequel je cours. »

René, 35 ans, employé de banque, divorcé, « … un jeu amoureux comme un autre »
« D’abord, j’aime la sensation. Le pénis est plus étroitement enserré dans l’anus que dans le vagin. C’est très agréable. Mais, surtout, j’ai le sentiment qu’une fille se donne davantage de cette manière-là, surtout lorsqu’elle est d’abord réticente. J’aime faire en sorte que son désir devienne si fort qu’elle en oublie la douleur. C’est peut-être mon orgueil de macho qui transparaît là, mais ce qui me plaît, c’est la conquête plutôt que la domination. Pour moi, la sodomie est un jeu amoureux comme un autre. Une complicité que l’on partage à deux. Je n’ai le sentiment ni de soumettre une femme, ni de transgresser un tabou. C’est un plaisir différent, c’est tout. Si une fille s’y refuse totalement, je n’insiste pas et je ne le vis pas comme une frustration. »

Jean-François, 39 ans, publicitaire, en couple, « … abolir toute résistance »
« J’aime la sodomie par goût de l’interdit ! La sodomie est contre nature. Il n’y a pas de procréation à la clé. C’est le symbole même de la luxure. Voilà pourquoi j’adore ça… La réticence de la femme est importante à mes yeux. J’aime dominer. J’aime forcer une résistance. Ce qui me fascine c’est le “non, non, non” qui se transforme en “oui, oui, oui”. C’est peut-être une question d’ego : être un tellement bon amant que la femme finisse par abolir toute résistance… »

André, 45 ans, instituteur, marié, « … un ingrédient indispensable de la relation »
« C’est un penchant naturel, ça ne s’explique pas. Du reste, je n’en parle jamais. Je ne demande jamais à une femme l’autorisation de la sodomiser. Je la prépare en douceur, avec les doigts et la langue. J’essaie de lui communiquer mon désir. Je prends tout mon temps. Je n’ai aucun fantasme de domination. D’ailleurs, très souvent nous le faisons face à face. Pour moi, la sodomie fait partie des ingrédients pour atteindre la globalité de la relation. Sans elle, la relation sexuelle ne serait pas complète. Ma femme était au départ réticente, mais maintenant elle adore : c’est pour nous une pratique très fréquente. On commence par un câlin, on enchaîne avec une pénétration vaginale et on finit par la sodomie. Par le passé, j’ai révélé à beaucoup de femmes ce plaisir-là. Quand j’essuyais des refus, je trouvais cela très frustrant : une femme qui me refuse, c’est qu’elle n’est pas prête à se donner complètement. »

Luc, 52 ans, peintre, divorcé, « … une preuve d’amour »
« Une femme qui se laisse sodomiser est une femme capable de se donner au-delà d’elle-même. C’est ça qui est excitant pour un homme. Personnellement, c’est de cette manière que j’ai connu mes plus grandes jouissances. L’anus se referme sur le sexe, comme une main ou une bouche. Je n’ai jamais rien connu d’aussi fort… La première fois que je l’ai fait, c’était par erreur : j’avais 18 ans, je n’avais aucune expérience, emporté par ma fougue, je me suis trompé d’orifice. Mais j’en ai gardé un souvenir si ému que j’ai toujours recommencé avec toutes mes compagnes… Si une femme me le refuse, je pense tout simplement que c’est parce qu’elle ne m’aime pas. Ou pas assez. Ou pas comme je voudrais qu’elle m’aime. C’est-à-dire sans limites… »

Benjamin, 21 ans, étudiant, célibataire, « … un degré de plus dans l’intimité »
« La sodomie, c’est un truc tabou, que la société considère un peu comme une déviance. C’est pourquoi elle a peut-être une force significative plus grande. Il y a quelque chose de plus fusionnel, de plus intime qui s’instaure entre la fille et vous. Chaque fois, ça m’a rapproché d’elle, comme une expérience que l’on partage en plus de la sexualité normale. C’est ce degré de plus que je trouve excitant. Après, il y a la notion d’interdit, de “sale”, de “pervers” qui doit aussi participer à mon excitation, même si je n’en suis pas très conscient. En tout cas, pour vivre cette expérience un peu interdite, il faut déjà être assez complices. Les quelques filles avec lesquelles je l’ai fait, ce n’étaient pas des one shot, mais mes petites amies officielles. »

« Cela peut être une façon d’éviter la rencontre avec le sexe féminin »
Catherine Blanc, psychanalyste et sexothérapeute, revient sur l’interrogation de certaines femmes : l’amateur de sodomie est-il un homosexuel refoulé ?
« La pénétration anale a ceci de particulier qu’elle porte le poids d’un tabou moral et psychologique important. Elle inscrit le rapport sexuel dans la recherche exclusive de plaisir, sans aucune reconnaissance du but “naturel” de l’accouplement : la procréation. Car même inconsciemment, la possibilité de grossesse joue toujours un rôle dans la sexualité du couple.

Et c’est peut-être à partir de ce point de vue que la femme a une lecture différente de la demande de sodomie. Envisagée sous un angle “improductif”, la femme peut y entendre une négation de ce qu’elle est, le vagin rendant compte de la spécificité féminine. Or celui-ci flirte aussi avec la spécificité d’enfanter : la femme peut y voir le lieu de son pouvoir. Le pénis en révèle les contours, crée la magie des vibrations de la jouissance et pourrait y déposer le sperme fécondant. La femme l’envisage comme l’instrument même de la virilité. Dès lors, que cache cette inquiétude – “Est-il homosexuel ?” – si ce n’est la représentation que la femme se fait d’un homme qui ne lui apporte rien de ce qu’elle attend en priorité ?

Bien sûr, le désir masculin de sodomie – surtout lorsqu’il est récurrent, voire obsessionnel – peut rendre compte de ce désinvestissement du féminin ou de la peur qu’il génère. Cette pratique peut être la tentative de contourner, d’éviter la rencontre inquiétante avec le sexe féminin. Mais de là à conclure que cela révèle un désir homosexuel, ce serait une interprétation des plus sauvages. »