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La masturbation à deux, c’est mieux

mercredi 23 juillet 2014, par La rédaction

Perçu comme un mode de jouissance égoïste, l’onanisme est encore, au sein du couple, mal supporté par celui qui ne s’y livre pas. Dommage : de cette pratique solitaire peut naître un plaisir commun.





Aujourd’hui, c’est vrai, la masturbation n’est plus taboue. Et non seulement elle ne rend plus fou, mais les sexologues lui trouvent même des vertus : elle permet de connaître son corps et prépare ainsi à une sexualité épanouie.
Pourtant, elle reste encore suspecte lorsqu’elle est pratiquée face à son partenaire. « La première fois où mon compagnon s’est masturbé devant moi, je me suis écroulée en larmes, raconte Catherine, 27 ans. Je l’ai ressenti comme une trahison, comme le fait que j’étais facilement remplaçable, par sa main en l’occurrence, ce que je jugeais peu flatteur. »

Une trahison ? Sylvain Mimoun, gynécologue, andrologue et psychosomaticien, n’interprète pas ce geste comme une remise en question du désir de l’homme pour sa partenaire : « Certains hommes recourent à cette pratique parce qu’ils éprouvent quelques difficultés à jouir par la seule pénétration.
Ce sont le contraire des éjaculateurs précoces. Ils ont besoin, à cause d’habitudes qu’ils ont prises et qui sont devenues un réflexe, d’exciter longuement leur sexe pour arriver à l’éjaculation. Mais il s’agit de physiologie et non de désir suffisamment fort. »

Néanmoins inquiètes, certaines femmes s’interrogent ce qui se passe dans la tête d’un homme au moment où il fait ça. Comme Lydie, 43 ans : « Je le soupçonne de penser à une autre femme et ça m’exaspère.

Longtemps je lui ai montré ma désapprobation. Mais quand je me suis rendue compte qu’il allait le faire tout seul dans son coin, j’ai préféré m’y habituer, pour ne pas gâcher notre complicité amoureuse.
Ça m’a quand même demandé un réel effort et aujourd’hui encore j’ai une certaine réticence à ce qu’il se masturbe. D’autant plus que beaucoup d’autres jeux me plaisent dans l’amour. »

Ces réactions de rejet ne sont pas le seul fait des femmes. Certains hommes aussi considèrent négativement l’autoexcitation de leur partenaire. Le sexologue et psychothérapeute Alain Héril cite l’exemple de cette patiente trentenaire en plein désarroi : « Je ne suis pas normale, car j’ai besoin de caresser mon clitoris pendant la pénétration pour arriver à jouir. Pour mon mari, c’est une perversion. » Alain Héril l’a rassurée : « Elle est simplement, comme beaucoup de femmes, très clitoridienne et il n’y avait aucune anormalité là-dedans. »